Philo rattrapage

Au rattrapage, un littéraire devra présenter deux textes tandis que les filières scientifique et économique n'en présenteront qu'un. On va prendre pour exemple la Lettre à Ménécée d'Epicure et Qu'est que les Lumières ? de Kant. 

 

Lettre à Ménécée

Introduction

La Lettre à Ménécée a été rédigée en 300 avant Jésus Christ par Epicure. Ce philosophe grec a une vision atomiste du monde. En effet, il est le penseur du CLINAMEN qui rend possible le hasard. C’est dans cette dérivation aléatoire des atomes que réside la liberté. On va donc pouvoir changer nos mauvaises habitudes. Car comme on le sait l’habitude est de l’ordre de ce qui se fait souvent, la nature est de l’odre de ce qui se fait toujours mais comme toujours ressemble à souvent, on dit que l’habitude est une seconde nature. Or, une seconde nature peut être modifiée contrairement à sa nature propre. On a donc la liberté (permise par le hasard) et la capacité de mettre en application les quatre pharmacons qu’Epicure vante comme des remèdes aux maux récurrents de l’Homme. La philosophie épicurienne donne des réponses concrète au bonheur car il faut rappeler que la quête du bonheur est un thème très répandu en Grèce antique ! Il insiste sur le fait qu’on ne doit pas craindre les dieux, qu’on ne doit pas craindre la mort, que le bonheur est accessible et que la douleur peut être évitée.

 

Les dieux ne sont pas à craindre

Les dieux vivent dans un état de bonheur permanent (atharaxie). Ils n’ont donc rien à envier aux hommes car les croyances grecques étaient que les dieux étaient soit jaloux, soit rancuniers envers les humains et donc que leurs pouvoirs leur servaient à nous punir. S’ils ne sont pas à craindre, n’ayant aucun lien avec nous, il faut donc les prendre en modèle de bonheur. On peut citer Diogène pour appuyer ce raisonnement : « Tout appartient aux dieux. Or, comme les sages sont les amis des dieux et qu’entre ami tout est commun, tout appartient aux sages ! » Il nous faut accéder à la sagesse.

 

La mort n’est pas à craindre

La crainte est la conséquence de la superstition qu’Epicure combat au profit de la sagesse. Il apporte de nombreux arguments dans ce sens. « Quand nous sommes, la mort n’est pas là, et quand la mort est là, c’est que nous ne sommes plus ! » La conscience d’être mort étant impossible, ce mal à l’apparence terrible n’est en fait rien. Il faut par ailleurs, priviligier la qualité de la vie et du bonheur et non la quantité ! Quand une vie est achevée, elle y est toute. Au début de la lettre, il insiste qu’il faut philosopher à tout âge.

 

Le bonheur est accessible / La douleur est évitable

Le plaisir et la douleur n’existent pas au niveau de l’atome, ce n’est donc pas naturel car c’est la conscience qui juge bon ou mauvais.C’est la tempérance, la justice, la prudence et l’autosuffisance qui font parvenir au bonheur. Epicure prône aussi l’ascetisme, c'est-à-dire se contenter du nécéssaire et refuser le superflu. C’est la pleine conscience de cette atharaxie qui permet l’apparition du bonheur suprême. Le plus grand des plaisir est en fait la suppression de toute douleur et pour cela, il faut respecter le classement des désirs. Epicure sépare les désirs de telle façon :

 

1) Les désirs naturels

* nécéssaires qui s’occupent :

-de la vie (nourriture, eau et sommeil)

-de la tranquillité du corps (aponie)

-du bonheur de l’âme (atharaxie)

* simplement naturels qui s’occupent :

-de la recherche de l’agréable

 

2) Les désirs vains

* artificiels : gloire et richesse

* irréalisable : recherche de la vie éternelle

Il faut donc satisfaire ses besoins naturels pour ne pas souffrir d’un manque et ne pas se créer un manque que l’on ne pourra pas satisfaire. Il est donc préférable de ne pas chercher à satisfaire les plaisirs vains car même s’ils sont réalisables (gloire, richesse), on n’est pas certain d’y arriver, ce qui engendrera donc une souffrance. De plus, Epicure prône la connaissance des limites de son corps en dénonçant les Cyrénaïques qui pensent au plaisirs présents sans songer aux conséquences sur leur futur (par exemple, boire jusqu’à l’ivresse ou manger jusqu’à ce qu’on vomisse)

 

Conclusion

Epicure est donc un philosophe d'exception, vantant un mode de vie concret et basé sur la privation du corps et de l'âme. L'histoire ne retiendra que quelques textes de lui, prouvant que sa réputation, largement entachée par la religion catholique, n'était pas méritée. En effet, il faut mettre l'accent sur le terme "pourceau d'Epicure" qui désigne dans la religion quelqu'un qui s'adonne à une débauche totale, confondant ainsi Epicure avec ses principaux ennemis : les Cyrénaïques. Déjà, Sénèque, dans La vie heureuse dénonçait la mauvaise lecture d'Epicure. 

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